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Traducció i drets lingüístics

Procès-verbal de la réunion internationale du Comité de Traduction et des Droits Linguistiques du PEN International


Barcelone, les 17 et 18 Juin 2010

A Barcelone, les 17 et 18 Juin 2010, s’est réuni le Comité de Traduction et des Droits Linguistiques du PEN International, précédemment convoqué par son Président, Josep-Maria Terricabras, et le PEN catalan.

Ont été accrédités pour assister à cette réunion les représentants des Centres du PEN suivants:

John Ralston Saul, Président du PEN International.
Schoulgin Eugène, Secrétaire Général du PEN International.
Terricabras Josep-Maria, Président du Comité de Traduction et des Droits Linguistiques du PEN International
Mohamed Magani , Président du PEN Algeria
Heidl Balen-Vjera, Croatie.
Paul Bilbao Sarria, Pays basque.
Pujas Philippe, France.
Franca Tiberto, Svizzera Italiana.
Takeaki Hori, Japon.
Bente Christensen, Norvège.
Sihem Bensedrine / Mestiri Omar, Catalogne / Tunisie.
Francisco Belard, Portugal.
Maria João Reynaud, Portugal.
M. Sameiro do Barroso, Portugal.
Teresa Salema (Cadete), Portugal.
Sherif Mohamed, Sierra-Leone.
Bana Jozef, Slovaquie.
Kerlik Peter, Slovaquie.
Frbežar Ivo, Slovénie.
Strojan Marjan, Slovénie.
Weinstein Glorice, Suisse Romande.
Dhondup Kalsang, Tibet.
Phuntsok Gamtso, Tibet.
Tsering Dhondup, Tibet.
Marketa Hejkalová, République tchèque.
Biel Mesquida, Catalogne.
Oller Dolors, Catalogne.
Skrabec Simona, Catalogne.
Gabancho Patricia, Catalogne.
Arenas Carme, Catalogne.
Buadas John, Catalogne.
Vicente Salvador, Catalogne.
Zenia Salem, Catalogne / Algérie.
Ould-Braham El-Kaissa, Catalogne / Algérie.
Vicens Antonia, Catalogne.
Sebastián Perelló, Catalogne.
Mashavave Rhodah, Catalogne / Zimbabwe.
Josep-Maria Terricabras, a présidé la réunion et Simona Škrabec a assuré le secrétariat.

Suivent les différents points abordés et qui ont constitué l’ordre du jour de la réunion.
1. Première séance : Présentation et discussion entre les délégations.
2. Deuxième séance : Conférence de John Ralston Saul, Président du PEN International, sur « La liberté d'expression. Portée et limites » suivi de débats.
3. Troisième séance : Table ronde sur la « langue propre et diversité linguistique dans un territoire», avec les contributions de Franca Tiberto et de Salem Zenia. Modérateur, Patricia Gabancho.
4. Quatrième séance : Table ronde sur « La diffusion culturelle et le marché», avec les interventions de Marketa Hejkalová, Philippe Pujas et Eugène Schoulgin. Modérateur Simona Škrabec
5. Cinquième séance : Informations de la Présidence et les questions de procédures.


Première séance : le 17 Juin 2010, de 09h30 à 11h30.
Le Président a souhaité la bienvenue à tous les participants de la réunion et a exprimé sa profonde satisfaction que cette réunion puisse se tenir à Barcelone, à la « Résidence des chercheurs ». La députée du Parlement de Catalogne, Mme Maria Mercedes Roca, a souhaité un bon accueil aux participants et leur a souhaité un merveilleux séjour. La Présidente du PEN Catalan, Mme. Dolors Oller, dans son discours de bienvenue, a introduit quelques thèmes qui seront abordés lors de la réunion et s'est demandé si les lois du marché peuvent affecter les droits des minorités linguistiques. Elle a insisté sur l'importance de la traduction dans un monde de relations multiculturelles. Elle souligne également le fait que cultiver sa propre langue assure la capacité d'éviter des tendances à l'uniformisation.
Le Président a ouvert la première session par un résumé des rencontres des Centres Pen qui se sont déroulées l'an dernier à Linz (Autriche) et Bled (Slovénie). Des questions connexes à la diversité linguistique et le marché global ont été également abordées. Le Rapport fait également référence à la «Revue périodique universelle», qui se fait à Genève, devant les instances de l’ONU et qui a dénoncé la faible présence du catalan dans le système judiciaire espagnol. Cette expérience a confirmé que les Etats ont tendance à ignorer les problèmes linguistiques des langues non étatiques. Cela aide à comprendre les difficultés qui existent dans la campagne qui a pris des années pour que les droits linguistiques de tous finissent par être considérés par les Nations unies comme un élément essentiel des droits humains universels.

Le Président du PEN International, John Ralston Saul a pris la parole pour avertir le public qu’il ya seulement deux jours, soit le 15 Juin 2010 à Tunis, un décret a été approuvé (amendement de l'article 61 bis du Code pénal tunisien) et qui interdit aux citoyens tunisiens de critiquer les organisations et le gouvernement Tunisien à partir de l’étranger. Cela serait considéré comme un acte de haute trahison et peut entraîner une peine allant jusqu'à cinq ans de prison. Le grave manque de libertés en Tunisie est également confirmé par le Secrétaire général du PEN International, Eugene Schoulgin. Une décision unanime d'adopter une résolution sur la Tunisie a été prise et le PEN International condamne fermement ce décret. Comme cette restriction de la liberté d'expression est liée aux négociations entre la Tunisie et l'Union européenne, le PEN International demande à l'UE de suspendre les négociations et refuser d'accorder à la Tunisie un statut avancé ou toute autre relation privilégiée. L'UE devrait revoir son accord actuel avec la Tunisie et surtout insister pour que ce décret soit aboli. L'Europe doit accepter ce défi éthique. Si l'UE continue les négociations, cela suppose accepter également que les citoyens d'un Etat peuvent être menacés par des mesures extrêmes pour obtenir leur silence.
Après la séance de travail interne, à 11h, le texte de la résolution est lu à tous les participants et a été approuvé à l'unanimité. La résolution a été envoyée aux médias en quatre langues (catalan, espagnol, anglais et français) et jointe à cet acte.

Le Président a informé l’assistance sur les communications des membres qui n'ont pas pu assister à la réunion. Ainsi, de la Macédoine nous est arrivée l’information que «Diversity Project» a été élargie et est maintenant appelée «Poetiki ».
André Marshall du Pen d'Afrique du Sud a envoyé une information sur les activités qu'ils font pour créer des contacts et aider à protéger les langues des peuples indigènes. La proposition de traduire les contes qui existent dans la tradition orale en anglais, pour être transcrits, édités et mis à jour, est exposée et discutée brièvement.

Après est venue l’intervention de Philippe Pujas, de France, qui intervient pour informer les participants de l'initiative de la Fondation Chirac. Ce projet vise à fixer la tradition orale, mais pas dans une langue quelconque. Il s’agit plutôt d’enregistrements réalisés en Afrique centrale et au Gabon pour préserver ce patrimoine par l'appui de l'audiovisuel. Cette initiative est perçue comme une tentative de préserver une mémoire qui peut être extrêmement fragile et sans doute ne peut se faire d’aucune autre manière.

John S. Ralston revient sur la question des langues autochtones et a présenté la situation au Canada et aux États-Unis. Les locuteurs de ces langues ont progressivement abandonné les tentatives de créer une littérature écrite dans leur langue propre et commencent à écrire des œuvres de plus en plus souvent en anglais ou en français. En écrivant encore ils ont conservé toute la spontanéité d'une langue orale. Il ya des œuvres théâtrales par exemple, qui sont presque impossibles à lire, mais qui fonctionnent parfaitement sur la scène avec une expressivité très vive. Ralston estime que l'influence de ces auteurs sur la transformation de la langue dominante peut être considérée comme un mouvement littéraire qui a enfreint les règles établies.
Franca Tiberto a loué l'initiative du Gouvernement suisse qui promeut des enregistrements sonores des différents dialectes dans les vallées alpines italiennes et sont diffusés à la radio ou édités sur des disques. C'est une proposition qui a été très bien reçue.

Marketa Hejkalová de Tchèquie déclara que le PEN de son pays est très compromis à la situation des pays sans liberté d'expression, parce que les Tchèques ont connu cette expérience. Ils ont donc décidé de lancer une collection de livres traduits des écrivains qui ne peuvent être publiés dans leurs pays. La dernière œuvre publiée est celle d’un écrivain cubain. Cependant, il ya quelques difficultés, notamment économique, car l'intérêt des lecteurs pour des œuvres d'auteurs inconnus est très faible, il est important qu'il y ait plus d'aide du gouvernement pour de tels projets. Une bonne idée serait l'achat de livres par les bibliothèques publiques.
Le Président a informé qu’un grand prix européen de la traduction se prépare. Un débat très animé a suivi sur les aides publiques à la traduction dans différents pays.

Dans son intervention, Takeaki Hori, rappelle toutefois que tous les problèmes ne peuvent être résolus simplement grâce à une subvention. Même dans les grandes cultures littéraires, entre l'Amérique et le Japon par exemple, il ya seulement cinq ou six traducteurs vraiment excellent qui peuvent assumer les défis de la qualité de la traduction littéraire. On doit créer, donc, des complicités qui permettent de mettre au point un véritable réseau où pourraient se concrétiser des échanges littéraires et de leur donner un sens plus profond. Eugene Schoulgin avertit que les éditeurs devraient également assumer la responsabilité de promouvoir une plus grande diversité des auteurs traduits. Les participants ont convenu que la tâche du traducteur n'est pas seulement habituellement peu payée, mais souvent n’a aucune reconnaissance. Schoulgin propose que tous les Centres Pen intègrent parmi ses membres des traducteurs littéraires dans des conditions d'égalité avec les auteurs.

Deuxième session, le 17 Juin 2010, de 11h30 à 14h.
Dans sa conférence intitulée «La liberté d'expression. Portée et limites » John Ralston Saul s’est questionné quant à notre capacité d'imaginer ceux qui sont différents et penser à l'autre. Sa réflexion se base sur l'Espagne actuelle, qui semble n’avoir rien à voir avec l'époque de la dictature. Mais à très peu de kilomètres d'ici, sur les rives de l'Afrique, la situation de la liberté d'expression est toutefois encore très précaire. La question est comment doivent se comporter les pays démocratiques contre les procédures dictatoriales d'amendement du code pénal tunisien, qui est présenté internationalement comme une simple mesure administrative. Aussi la situation en Europe est de plus en plus problématique, car aucune exigence n’est faite à la Chine, à la Russie ou au Mexique pour se doter de normes éthiques pour pouvoir faire des affaires. Ce qui est aussi inquiétant est l'augmentation des mouvements populistes en Europe. Le racisme est revenu au continent sous forme du retour des émigrés dans leurs pays d’origine.

Il ya 400 ans que l’Europe n'a pas changé le paradigme d'un État-nation avec une seule langue et une seule culture qui unifie tout et domine tout. Nous devons commencer à penser autrement. Pour beaucoup la Tour de Babel leur a enseigné que les langues sont une erreur, tout simplement il faut considérer que c’est cet enseignement là qui est incorrect. On doit se sentir bien dans un monde plein de différences. Le Canada, par exemple, doit apprendre que les nouveaux venus, à leur arrivée, apportent non seulement leur langue mais aussi leur propre vision du monde : la manière d’établir des liens familiaux, et de participer à la vie publique, comment créent-ils traditionnellement des relations avec ceux qui ne sont pas de leur propre communauté... Tout ça est une immense richesse qu’ont doit savoir regarder et savoir en profiter. En bref, dans le sud de l'Europe les relations entre les différentes cultures s’ouvrent progressivement et les divisions se sont estompées. Une fois de plus nous avons une culture méditerranéenne qui est, par définition, un mélange de plusieurs éléments. On doit penser que les guerres civiles de l’Europe du XXe siècle ont tué 100 millions de personnes. C’est beaucoup. Le modèle de l'État-nation monolithique est révolu. L’une des meilleures choses que nous a donné notre temps est que nous allons revenir à Erasmus, à sa croyance que les personnes puissent vivre ensemble, même si elles sont totalement différentes.

On ne doit pas appréhender l’insécurité, le doute, l'incertitude. Peut-être que l'explosion technologique que nous vivons peut réellement entraîner la disparition des États-nations. Ce serait une nouvelle révolution Gutenberg. Le plus important est de ne plus craindre l'autre, de ne plus craindre les cultures que ne nous
connaissons pas.

Pour pouvoir provoquer les changements, on doit, en tant qu’écrivains réfléchir également sur la manière de nous exprimer dans la langue. L’écriture est devenue un ensemble de formules rigides qui, souvent, ne permettent aucun type d'innovation. La vie académique semble demeurer stérile et sans capacités de création. Pourquoi, par exemple, une organisation comme le PEN continue à produire encore des résolutions dans un langage administratif que personne ne peut considérer comme un message porteur de sens ? Ralston suggère que ce que nous devrions faire est de commencer à écrire des manifestes. Nous devons reconquérir l’espace public pour prendre la parole.

Après cette exposition, du Président du PEN International, un débat a suivi sur les diverses questions que sa réflexion a soulevée. La décision, qui permettrait de mieux organiser le réseau Pen pour qu’il soit vraiment capable de produire des déclarations qui pourraient résonner dans les espaces et les médias est prise. Une possibilité serait de créer le bureau de Presse à Londres pour réussir la coordination entre les collaborateurs et les correspondants dans les différents pays pour pouvoir produire plus d'impact sur l’actualité. Nous aurons de nouveaux partenaires, en particulier les partenaires les plus jeunes, que si nous pouvons montrer que le PEN est une organisation capable de réagir aux situations qui se produisent autour de nous.

Troisième séance, le 17 Juin 2010, de 16h00 à 18h.
Patricia Gabancho ouvre la table ronde avec une introduction sur la situation de la langue catalane, avec une attention particulière aux personnes venues des autres régions d’Espagne qui se sont installées en Catalogne depuis les années 1950. Elle explique avec des exemples la coexistence entre le catalan et l’espagnol dans les divers espaces de communication publique, à l'école, les journaux, la littérature ou l'étiquetage de produits commerciaux, mettant l’accent ainsi sur la complexité de ces relations.

Franca Tiberto a parlé pour sa part de la présence de la langue italienne en Suisse et a noté que, bien que les Allemands savent aussi parler l’italien, mais ceux-ci manquent de connaissance sur la tradition italienne et sur sa culture en général. Dans la vie quotidienne par contre est utilisé en particulier l’italien dialectal de suisse.

Salem Zenia, a mis l’accent sur les tensions qui existent entre les langues dans son pays, l'Algérie. La question de la langue maternelle dans ce cas est très complexe, car beaucoup de gens ont adopté le français comme langue propre. Le tamazight est considéré comme une langue souillée, ce qui pousse ses défenseurs, en particulier, à vouloir la «nettoyer» de toutes les influences étrangères. Le prix de la réalisation de cet objectif est élevé parce que chaque groupe local a voulu exprimer sa propre voix. Précisément cette tendance à la fragmentation est très commode pour les Etats qui ne veulent en aucune façon voir se créer des connexions entre les différents groupes parlants la langue amazighe et d'établir ainsi une norme susceptible d'englober les différents dialectes. En revanche, l'arabe dialectal a de plus en plus de l’influence. A travers la langue arabe classique se faufile aussi l’idéologie panarabiste. L'arabe classique est utilisé principalement comme langue des médias et de l’école. Toutefois, l'État ne reconnait aucun statut à l’arabe dialectal, qui est très différent de la langue arabe classique. Cette tendance à la folklorisassions des cultures et des langues a un objectif politique clair : affaiblir et pousser les gens à quitter leurs territoires et ainsi exploiter leurs ressources en échange de rien.

Enfin, d'autres délégués ont intervenu brièvement et ont exposé la situation dans leurs pays respectifs. La plupart des présentations ont été également sous forme écrite, jointe à la documentation complémentaire :
• Salem Zenia, « Langue propre, langue fourchue ? ».
• Mary Sameiro Barroso, « Le droit à la différence par rapport à la nécessité d'être compris ».
• Marjan Strojan, «La Slovénie, un pays au carrefour de la diversité linguistique ».

Yang Lian a fait son intervention sur l'initiative du Pen chinois indépendant qui a mis en place un échange de traduction poétique entre la Chine et la Slovénie, « un éléphant et une souris », par rapport à la taille des deux pays. L'expérience a été extrêmement enrichissante, car les deux langues littéraires –le chinois mandarin et le slovène standard- ont eu chacun une évolution historique très différente. Le chinois s’écrit de la même manière dans tout le vaste territoire chinois, mais même si l'écriture est la même partout, la prononciation des idéogrammes peut être très différent d’un lieu à un autre. Ce qui rend la langue chinoise écrite très homogénéisante. Le slovène, cependant, s’est standardisé en unifiant ses différents dialectes, ainsi la langue écrite a largement gardé des liens avec le discours et dans la littérature il ya beaucoup de couleur locale. Pour les poètes et traducteurs chinois cela a été un grand défi d'avoir à maintenir un langage formel, tel que ses marques du discours, l'argot, le jargon ... Plus tard, Yang Lian a présenté la page web « PEN for freedom » qui contient également une revue digital qui est publié quatre fois par an, en collaboration avec le PEN de Sydney. Le premier numéro était consacré au dixième anniversaire du Comité des écrivains emprisonnés qui inclut les poèmes de 10 poètes chinois qui sont encore actuellement en prison.

Quatrième séance, le 18 Juin 2010, de 9h30 à 11h.

Autour de la table ronde sur « la diffusion culturelle et le marché », ont intervenus Marketa Hejkalová, Philippe Pujas, Vicent Salvador et Eugène Schoulgin. La modératrice Simona Škrabec a demandé aux participants de préparer à l'avance une brève réflexion sur la diffusion de la littérature sur le marché international, et la discussion s’est développé à partir des thèmes et des préoccupations exprimées dans ces brèves réflexions.

Philippe Pujas a soulevé une question fondamentale : qu’appelle-t-on la «diversité culturelle» ? Comment comprenons-nous aujourd'hui cette expression ? Comment un observateur perspicace, nous fait comprendre que cette expression, - aujourd'hui très en vogue - cache le fait que la diversité est gravement menacée. Nous créons des slogans, des discours et nous faisons croire un faux optimisme. Les modes de vie, de pensée, se ressemblent partout de plus en plus. Même ce qui est perçu comme «la diversité culturelle» est prévu : l'image de la diversité sont les grandes villes avec leurs populations d'origines diverses ou des banlieues américaines. Il est très difficile de lutter contre une puissante industrie culturelle, qui domine la production, la diffusion et surtout la persuasion, et parvenir à un espace pour la diversité.

Vicent Salvador avertit qu’aucune littérature ne peut exister sans son contexte. L’histoire d'une communauté particulière, le développement du langage, les genres et les styles qui ont prédominé, qui se sont développées : tout cela fait partie d'une œuvre littéraire. C’est pourquoi il est si difficile pour les traducteurs de réussir à transporter cet écheveau complexe de relations à une autre culture.

Marketa Hejkalové fait valoir que la traduction littéraire vit au sein d'un réseau complexe de relations. Elle conclut, donc, que même en subventionnant le traducteur cela ne suffit pas pour faire connaître les œuvres de « petite » littérature dans un autre pays. La grande difficulté est de construire un réseau de référence qui permet aussi une réception hors du pays à des cultures de moindre pouvoir économique. Les grandes cultures -britannique, française, allemande, italienne, espagnole et certaines d’autres un peu moins- disposent d’études universitaires un peu plus établis dans d'autres pays et peuvent compter avec des lecteurs étrangers qui connaissent bien le contexte d'une œuvre, il ya des instituts culturels dans chaque grande ville qui sont dédiés à la diffusion des connaissances sur tel ou tel pays et de ses auteurs. Tout cela, les petites cultures ne l’ont pas.

Eugene Scholguin rappelle également l'importance des institutions qui considèrent trop souvent hors de propos, comme l'aide que l'Union européenne avait encore l'intention de promouvoir pour les échanges littéraires entre les petites littératures.

Ces réflexions sont jointes à la documentation supplémentaire :
• Philippe Pujas, « Au risque de l'Industrie ».
• Marketa Hejkalova, « La traduction littéraire et le marché ».
• Vicente Salvador, « La littérature, le marché et les changements technologiques ».
La modératrice invitée Frbežar Ivo, a également préparé un texte qu’elle a présenté aux participants :
• Ivo Frbežar, « Le livre dans la diffusion du nouveau marché culturel ».
Après la table ronde s’est ouvert un temps pour les interventions qui suivirent pour approfondir les questions soulevées. Par exemple, de la responsabilité des éditeurs, qui devraient assumer une partie de la protection de la diversité et d’éviter de publier seulement les livres à grand succès.
Depuis la Chine on souligne également que les écrivains victimes de persécutions politiques ne peuvent pas s'attendre à des subventions du gouvernement de leur pays ; pour ça il doit y avoir des réseaux de soutien internationaux.
Il serait également nécessaire de connaitre en détail l'état des traductions dans les pays où il existe des centres PEN. Simona Škrabec rapporte que le PEN catalan, à l'initiative de l'Institut Ramon Llull, a participé à d'importantes recherches que le PEN International avait faites sur cette question en 2007, et qui a consisté en une enquête auprès de plus de 30 pays dont 8 cas ont été étudié à fond et sont d'un intérêt particulier (Esther Allen (Esther Allen (éd.), To be or not to be translated, 2007).


Cinquième séance, le 18 Juin 2010, de 11 h à 14h.
La cinquième séance, était consacrée à l'information sur les questions de procédure et le Président, Josep-Maria Terricabras a exposé quelques points importants :
Il ya dix ans, il a été possible de signer la Déclaration universelle des droits linguistiques (Juin 6, 1996). Considérant, toutefois, le temps parcouru, il serait intéressant de lancer une nouvelle campagne pour en parler de nouveau, parce qu'il y avait une baisse importante de l'opinion publique internationale. Comme déjà souligné le premier jour de la réunion, John Ralston Saul a proposé de travailler dans le sens d’élaborer un «Manifeste de la diversité linguistique », écrit de manière à se faire entendre dans les médias d’aujourd’hui.

Terricabras a insisté, tout comme durant la réunion de l'année 2009, à Barcelone, sur le peu de coordination entre les différents centres et le centre de Londres. Il convient également d'améliorer la communication au sein du Comité et de créer un forum où ils pourraient discuter des questions et thèmes concrets. Peut-être une solution serait de développer un site Web à partir de Londres qui devrait avoir un éditeur responsable du contenu et ainsi encourager la participation.
Une autre idée a surgi et consiste à organiser des réunions du Comité à un niveau plus local, comme en Amérique du Sud, la péninsule ibérique, entre les pays d'Europe centrale, etc.

Nous avons brièvement discuté de la préparation du Congrès de Tokyo et le Président à demandé aux participants si quelqu'un a une question importante qui doit être présentée en relation avec le Comité de traduction et des droits linguistiques.

L'une des possibles propositions pour l'avenir peut être la création d’un centre d'information qui pourrait produire un rapport ou une base de données sur la situation réelle dans les différents pays en ce qui concerne la traduction littéraire. Toutefois, les participants Slovaques estiment que ces données sont déjà accessibles, par exemple, par l'intermédiaire des bibliothèques nationales. Les délégués chinois avertissent que les chiffres ne sont souvent pas suffisant et qu'il faudrait analyser quels types de livres sont traduits, et d'essayer de comprendre pourquoi.

Philippe Pujas se propose d'examiner la possibilité de créer un prix Pen pour la traduction. Le prix ne serait pas pour le traducteur, mais pour une œuvre concrète. Cela pourrait encourager les ouvrages traduits d'auteurs issus de cultures de moindre diffusion et ainsi leur donner une visibilité internationale.
Eugene Schoulgin exprime des doutes qui devraient prendre en compte plus de trente cultures susceptibles de produire des jalousies et des malentendus. Elle estime, comme beaucoup d'autres participants, que le prix devrait être pour le traducteur. Cela ne fera qu'accroître la sensibilisation de l'importance du travail des traducteurs.

Marjan Strojan ajoute également que le Prix littéraire du PEN existe déjà, et jouit d'une grande réputation, car il est lié à la fête du "World Voices" de New York.
Schoulguin admet que l'écho qu’a atteint le Pen American est important, mais il a besoin de plus de connexion avec d'autres centres Pen. Peut-être le CTiDL devrait établir une relation plus étroite avec le centre de New York. Il a rappelé que l'UE prépare depuis quelques années déjà un important prix de traduction qu’elle souhaite doter d’une large diffusion et peut-être avec un important prix en espèces.

Franca Tiberto propose que l'on devrait mettre en place un réseau de communication agile, de cette façon on pourrait être avertis de toutes les violations graves des droits linguistiques qui se produisent quelque part et réagir immédiatement. En outre, on pourrait envisager la création d'une sorte de publication dédiée aux informations consacrées aux questions linguistiques.

John Ralston Saul ajoute qu’on pourrait parler, par exemple, de toutes ces cultures et de toutes ces langues qui sont réellement en danger d'extinction immédiate.
Schoulgin a proposé que cette commission devrait trouver un moyen de faire entrer dans le PEN plus d’auteurs littéraires, à savoir que nous devrions être en mesure de nous adresser directement aux créateurs.

Les délégués chinois ont expliqué que c'était bien là une raison pour fonder un journal digital sur la littérature chinoise persécutée. Ainsi, ils pourraient ouvrir une fenêtre sur le monde parce que la Chine est tellement fermée que sa présence au sein de l’espace littéraire international est probablement inférieure à celle de la Slovénie.

Josep Maria Terricabras a clôturé la réunion qui se termine en laissant deux questions ouvertes : Comment réussir que la littérature universelle respecte la diversité réelle de la création littéraire dans le monde et aussi avec toute cette superproduction de livres à succès on devrait être plus critiques envers nous-mêmes et si on devrait autolimiter notre propre « liberté d'expression » de ne publier que les textes qui le méritent vraiment ?

Après avoir traités toutes les questions, le Président a adressé quelques mots d'adieu et de remerciements à tous les participants, et déclare clôturée la deuxième réunion de Barcelone, et ce en date du 18 Juin 2010 à 14 heures. Il a également ordonné l’ajournement de ce dossier qui est soumis à l’approbation des membres de la manière prévue statutairement.


Barcelone, 19 Juin 2010
Simona Škrabec,
Secrétaire


Terricabras Josep-Maria,
Président du Comité




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